HIJAB GLAM : la satisfaction des clientes avant tout !

Vous me l’aviez demandé sur Instagram, la voici, la voilà l’interview de la marque Hijab Glam, l’interview tant attendue ! Derrière cette marque de modest fashion se cache une modeste femme avec qui on peut engager très facilement la conversation. Elle est simple et a des idées innovantes mais surtout, elle place la satisfaction de ses clientes au coeur de son business. Ce cocktail d’honnêteté mêlé à cette volonté de réussir tombe à pic quant à la signification de son prénom : Abir ou le puissant “mélange de parfums” de la réussite d’une entrepreneure dans l’âme. Elle partage avec nous l’histoire de la marque Hijab Glam et ses valeurs profondes.

Bonne lecture !

Hijab Glam est une boutique de mode modeste et pudique qui vend des vêtements mastour pour répondre aux besoins des femmes voilées. Retrouvez les coulisses de la marque sur sosab.fr

Salam ! Parle-nous un peu de toi.

S’il y a bien une chose que je déteste, c’est parler de moi ! Non pas que je sois secrète dans ma vie, paaaas du tout ! Tout le monde sait ce que je fais et je ne m’en cache pas mais je trouve qu’il n’y a rien d’intéressant à dire. Mais bon, je vais essayer.

Je suis Abir, maman des 2 plus beaux enfants de la terre (normal, c’est moi qui les ai mis au monde!). Je suis algérienne de mère (et née là-bas) et syrienne de père, ma fierté. Je suis mariée à un marocain et je suis de nationalité française. Ça, j’aime le dire parce que tout ça fait ce que je suis aujourd’hui.

Je suis entrepreneuse, je gère la boutique HIJABGLAM. J’ai eu 1000 vies avant ça mais je suis une entrepreneuse dans l’âme. Mes parents l’étaient, ma soeur l’est, mon mari l’est, bref c’est dans le sang (c’est mon côté syrien je pense).

Je suis aussi une féministe dans l’âme mais pas une fausse, genre les FEMEN. Je suis une féministe qui revendique les droits religieux des femmes.

Quelle est l’histoire de Hijab Glam ?

L’histoire de HIJABGLAM…est drôle ! J’avais une boutique en ligne qui s’appelait DABAIA COLLECTION (j’importais des robes de soirées et abayas de Dubai). Un jour, je suis tombée sur une annonce sur facebook d’une boutique à vendre qui s’apellait HIJABGLAM. Je l’ai lu et j’ai envoyé un mail à la vendeuse pour avoir plus de renseignements sur la boutique.

Et là ! Je reçois une réponse qui commençait par : “Abir, t’es sérieuse ?” (ou un truc du genre) “Tu savais pas que j’étais la gérante de HIJABGLAM??!!”. En fait il s’agissait de Magali Mei (qu’on ne présente plus, c’est la meilleure), ma photographe pour DABAIA que je voyais régulièrement pour le travail ! Donc fou rire !

Mais attention, ça n’a pas influencé nos choix, ni moi de faire une proposition, ni elle de me vendre HIJABGLAM ! Et voilà ! Magali a accepté de me faire confiance en acceptant de me vendre sa boutique en ligne et aujourd’hui, elle est évidemment restée LA photographe officielle de HIJABGLAM !

Comment va évoluer la marque ? Des futurs projets à partager avec nous ?

HIJABGLAM, à l’époque de l’achat, était une boutique en ligne de foulards et accessoires. Il y avait un peu de prêt-à-porter. J’ai d’abord décidé de développer ce côté la en proposant 3 à 4 collections par an. La clientèle a adhéré et c’était tant mieux. Mais il y avait un point auquel je n’avais pas pensé. Les hijabs ça prend pas beaucoup de place mais le prêt-à-porter c’est autre chose !!! J’avais investi la chambre de ma fille, le couloir, le dressing, les coffres de voiture…bref y en avait partout ! C’était plus possible, il a donc fallu déménager.

J’ai trouvé un bureau où je pouvais stocker et travailler en même temps. Mais j’avais un problème de retours de marchandises. Les clientes, malgré les descriptions détaillées des articles sur le site, se trompaient de tailles et me réclamaient une boutique physique ! J’ai cherché et j’ai trouvé ! En septembre, après 3 mois de travaux, j’ai ouvert la première boutique HIJABGLAM dans le 94. Les débuts ont été difficiles mais aujourd’hui, hamdoulillah !

Mais ma plus grande fierté est ailleurs…celle d’avoir créé ma marque, MYRIAM NAKAD, du nom de ma fille. Pour elle. Pour son héritage. Pour qu’elle comprenne le sens du travail. Pour qu’elle sache que la femme a le droit de s’habiller de façon pudique sans que personne ne le lui interdise. Pour qu’elle comprenne que pudeur peut aller de pair avec la mode. Aujourd’hui, j’en suis là. Je me lance (douuuuucement) dans la confection (je n’aime pas trop le terme de “création” ou de “créatrice”). 

Quels conseils pourrais-tu donner à quelqu’un qui veut se lancer ?

L’entreprenariat est éprouvant, je ne vais pas mentir pour rassurer ceux qui veulent se lancer. On est seul. Seul à tout faire, à tout assumer. Ça, c’est au début. Mais avec le temps, quand ça commence à marcher, on s’entoure d’une équipe qui nous soulage. Et c’est là que c’est primordial de bien choisir ses collaborateurs. Un maillon faible dans la chaîne peut tout faire dérailler et ça peut avoir des conséquences sur le bon déroulement du travail. Donc mes conseils:

1- Se lancer si vous êtes sûre de vous (arrêter de demander conseils aux gens, il y en aura toujours pour vous démotiver),

2- Ne pas croire que vous allez vous dégager un salaire de 2000 euros dans les 3 mois qui suivent !

3- Entreprendre, c’est du taf presque tout le temps donc si vous êtes accro à vos séries, faudra faire un choix !

4- Vous allez faire pleins d’erreurs au début, c’est normal, donc don’t worry !

5- Soyez loyale ! Le soleil brille pour tout le monde, ne regardez pas ce que font les autres mais regardez ce que veulent les gens, vos clients ! Je dis toujours à ma fille: “Arrête de suivre la mode, crée-la !”. Bah pour vous c’est pareil, innovez, ne copiez pas !

Quel est le secret pour acquérir une clientèle fidèle et dévouée ?

Le plus important pour moi, c’est la satisfaction de la cliente. Pour ça, ma première exigence est la qualité du produit. Ou du moins l’honnêteté vis-à-vis du produit. Il faut justifier le prix. S’il est cher, il faut que se soit de la qualité sinon c’est pas la peine. Vous allez décevoir et perdre une cliente. Il faut également être réactive, répondre aux mails, aux messages et trouver une solution lors d’un litige. Le service après-vente est le plus dur mais c’est le plus important pour les clientes.

Qu’est-ce qui est le plus difficile pour toi dans ton métier d’entrepreneure ? Comment arrives-tu à surmonter ces difficultés ?

Ce qui est le plus dur dans mon métier, ce sont les moments de doute. Il y en a plein. Quand l’activité est calme, moment de doute. Quand les enfants me réclament, moment de doute. Quand je m’endors au feu rouge, moment de doute. Quand je ne me dégage pas de paie pendant 6 mois de suite car je réinvestis tout, moment de doute. Quand on t’appelle pour te dire qu’il y a une inondation à la boutique et que tu es à l’étranger, moment de doute…c’est le plus difficile. C’est pour ça qu’il faut être sûre de son choix, être bien entourée professionnellement ET à la maison aussi, être soutenue dans toutes les circonstances !

Comment c’est une journée typique pour toi ?

J’ai décidé d’ouvrir une boutique une fois que mes enfants étaient “autonomes”. Il ne le sont jamais vraiment complètement mais pour les choses de base ils l’étaient. Ils ont 12 et 9 ans. Ma journée commence avec eux et finit avec eux.

Une journée typique chez moi c’est comme celle de tout le monde en réalité. Je les réveille, les presse pour se préparer pendant que moi aussi je me prépare. Mon mari emmène l’un à l’école et moi l’autre. Puis direction La Poste pour déposer les colis. Je file ensuite à la boutique où j’aime arriver avant l’ouverture. Je prépare les nouvelles commandes, commencent à traiter les mails par ordre d’arrivée. C’est l’heure d’ouvrir. J’y reste jusqu’à 16h lorsque Sonia vient prendre la relève pour faire la fermeture à 19h. Moi je file chercher ma fille au collège puis récupérer mon fils dans une autre ville. J’arrive chez moi vers 17h30. Et là, s’enchaîne le boulot de la maman : devoirs, repas, douche, gestion des conflits frère/soeur, câlins, bref…l’éducation ! Je me couche tard en général (addiction au café) mais j’ai besoin de ce moment de calme le soir à la maison quand tout le monde dort.

Comment parviens-tu à gérer ton temps entre ta famille/vie privée et ta vie professionnelle ? Des astuces à partager avec nos lectrices ?

Pour ne pas être dépassée, j’essaie d’être hyper organisée, et parfois c’est à la minute près. C’est sûrement trop mais sinon je perds pied, je ne supporte pas ne pas contrôler la situation. J’ai du laisser tomber pas mal de choses comme mes passages à la radio (France Maghreb) et prochainement, je vais arrêter mon rôle de parents d’élèves à l’école de mon fils. Ce sont des choses que j’aimais vraiment faire mais c’était trop, mes enfants, mon mari, ma famille restent ma priorité et étant donné que je ne peux pas tout mener de front de façon parfaite, il a fallu faire des choix !

J’ai malgré ça plein de projets en tête dont je parlerais une fois qu’ils seront accomplis, jamais avant !

Un secret à partager ?

Je n’ai pas de secret croustillant à partager avec vous, ma vie est connue de tous avec les réseaux mais s’il y a quelque chose que j’ai au fond de moi, c’est qu’aujourd’hui, j’ai enfin eu ma revanche. J’ai vécu une période difficile entre 2014 et 2015, HIJABGLAM a été ma revanche. Je ne l’ai pas créé, je l’ai racheté et développé. Je dois énormément à mon mari qui m’a appris à me débrouiller seule, à bricoler, à conduire des camions, à charger et décharger des tonnes de marchandises… Je dois aussi beaucoup à Magali Mei qui veille sur moi chaque instant et qui m’aide dans beaucoup de domaines. Sonia qui travaille avec moi, mon amie, est mon bras droit. J’ai toujours pu compter sur elle.

Mais pour une fois, j’ai pas honte de dire que je me le dois à moi surtout car je travaille énormément, mon esprit ne s’arrête jamais, j’aime ce que je fais. J’ai pu créer deux emplois, rencontrer des clientes devenues amies, avoir vu des jeunes femmes se voiler pour la première fois chez HIJABGLAM, entendre à deux reprises “si un jour je me voile, c’est ici que je viendrais m’habiller”.

Tout ça, c’est ma revanche sur la douleur que j’ai ressenti à une période de ma vie. Je kiffe et je remercie Allah pour ça mais si ça devait s’arrêter un jour pour X raisons, je me retournerais aussitôt pour faire autre chose. Je n’ai plus peur de tomber maintenant, je sais me relever…

Une citation qui t’inspire ?

Tu m’as demandé quelle citation m’inspire, il y en a deux qui me résument bien :

Celle d’Ibn Al Qayyim : “Pour être belle, il ne faut pas souffrir, il faut se couvrir” et la très connue “No pain no gain”

Une pour l’akhira et une pour la dounia !

HijabGlam possède une boutique physique basée près de Paris pour répondre à vos besoins en mode modeste. Retrouvez les coulisses de la marque sur sosab.fr

Retrouvez HijabGlam sur son site de boutique en ligne et sur son compte Instagram.

Image de profil : Avenuedessoeurs.com

 

So sab


 

2 Commentaires

  • Chadia
    Posté 30 June 2018 15 h 23 min 0Likes

    Interview très intéressant et motivant mashaAllah. BarakaAllahu fikunna pour ce beau partage les filles ❤

    • Sabéra HG
      Posté 30 June 2018 19 h 25 min 0Likes

      Merci à toi pour ce retour ! 😀

      Effectivement, en lisant l’interview, je trouve que Abir dégage une telle force que cela nous booste directement ! En tout cas, j’ai beaucoup apprécié ses mots qui ont raisonné en moi. <3

      Bises et à bientôt sur le blog !

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